Stocks fourragers : prévoir dès maintenant !

Publié le 03/04/2014 | Technique

Cette année, le fort indice de consommation de maïs à matière sèche faible à digestibilité élevée et l’augmentation de la taille des cheptels font fondre les stocks fourragers rapidement. Dès lors se pose la question «Aurai-je assez de fourrage jusqu’à la prochaine récolte ?». Pour anticiper un éventuel déficit, il faut dès maintenant calculer son stock fourrager.

Gérer les effectifs

Sur une année, 10 UGB consomment 50 TMS, soit 3,5 ha de maïs ou 7 ha d’herbe… La vente d’animaux peut donc être une solution. Explorer cette piste nécessite de faire le point sur son cheptel dès aujourd’hui et vendre des bêtes à l’engrais, comme les taurillons, à 18 mois au lieu de 20. 

Optimiser l’herbe

Un apport d’azote active la croissance de l’herbe et augmente la productivité. Il doit être réalisé lorsque la somme de température base 0° au 1er janvier, atteint les 200°C. C’est le cas depuis début février, trop tard donc pour apporter des doses complètes. Cependant, l’apport d’azote peut être profitable aux coupes suivantes. Sur prairies bien pourvues en P et K, et en respectant au minimum 15 à 21 jours de repos au printemps, l’apport d’une unité d’azote induit la production de 15 à 20 kg de MS d’herbe en plus par hectare.
En cas d’augmentation de la productivité, penser à réduire le nombre de parcelles pâturées au bénéfice de celles fauchées. 
La réactivité et l’adaptation permettront des fauches précoces et de bonne qualité, puis une pousse plus importante ultérieurement.

Exemple : une exploitation avec 15 ha d’herbe, une tonne de MS produite en plus par hectare permet d’économiser un hectare de maïs.
Bonnes pratiques de pâturage = de la MS en bonus !
• Respect des temps de repos : 21 jours au printemps et 35 jours en été 
• Pâturer ras mais jamais sous 5 cm
• Accepter les variations de niveau de tank

Ensiler de la céréale immature

Cette solution se réfléchit dès maintenant car la conduite culturale diffère. Le fongicide au stade épiaison est à exclure et aucun pesticide ne doit être pulvérisé à moins de 5 semaines de la récolte.
L’ensilage de blé s’effectue au stade laiteux/pâteux du grain soit 35% MS plante entière (fin juin/début juillet dans notre région). Les rendements attendus se situent entre 8 à 12 T MS/ha. 2 ha de blé ensilés nourrissent 12 à 15 génisses laitières pendant 5 mois.

Acheter des co-produits

Même s’il est beaucoup moins énergétique que l’ensilage de maïs, l’ensilage de blé est appétant et permet d’apporter des fibres dans la ration s’il est bien récolté.

Pour substituer le maïs, on achète des concentrés ou des co-produits. Les quantités distribuées doivent être rationnées pour prévenir les risques d’acidose. Il est conseillé d’agir dès maintenant pour allonger le stock actuel. Cette année, avec des cours de correcteurs et de céréales élevés, il faudra choisir les aliments en faisant un compromis entre prix et valeur alimentaire.

Les 4 pistes mentionnées ci-dessus sont à explorer dès maintenant pour anticiper les risques de déficit fourrager. Pour celui qui le peut, un changement d’assolement est aussi envisageable pour implanter davantage de maïs (variété très précoce : indice < 200) Une dernière voie consiste à rechercher et à contractualiser l’achat de maïs sur pied ; se pose néanmoins la question du prix….