Pourquoi s’intéresser au renouvellement du troupeau ?

Publié le 16/01/2015 | Technique

Le renouvellement, c’est à dire le remplacement de vaches par des génisses, est une nécessité normale pour un troupeau laitier. Néanmoins, l’élevage des génisses dans ce but peut être considéré soit comme un coût soit comme un investissement

On parle souvent de coût car le renouvellement représente effectivement une charge lourde : élever 30-40, voire 50% de son troupeau pour remplacer des animaux éliminés un peu vite, un peu jeunes pour des problèmes de reproduction ou de cellules devient une dépense importante, surtout quand ces soucis touchent beaucoup d’animaux. Travailler à la résolution de ces deux types de problématiques est donc primordial pour limiter les dépenses de l’atelier laitier. Et c’est d’autant plus le cas quand une partie non négligeable du renouvellement est due au remplacement d’animaux morts. On s’est occupé d’animaux, on les a nourris, on les a soignés…..pour aucun produit en face : c’est de la perte nette. Alors que les réformes vendues en boucherie ou en élevage participent au produit viande qui amortit significativement le coût d’élevage des génisses. 

Certaines situations peuvent être dramatiques quand, dans le même élevage, il y a simultanément des problèmes de qualité du lait, de reproduction, de la mortalité, etc …. qui peuvent conduire à acheter des animaux pour assurer le renouvellement. Dans ce cas, il y a un grand risque d’ajouter aux problèmes existants un problème sanitaire. Ce risque est souvent sous évalué. Quand on achète un animal, on achète son microbisme avec !

Quand on parle de coût de renouvellement, il faut aussi prendre en compte l’âge au vêlage qui va impacter le prix unitaire de la génisse au vêlage. Les études menées par Avenir Conseil Elevage montrent qu’en Holstein, une race reconnue pour sa précocité, il n’y a aucun intérêt technique et économique à faire vêler à 30 mois voire 36 même pour les systèmes plus herbagers - à condition de valoriser l’herbe autrement. Des vêlages 24 mois, bien conduits, présentent des atouts en termes de longévité et de qualité que ne présentent par les vêlages tardifs.

D’autre part, les vaches n’étant pas éternelles, il faut investir pour assurer le remplacement des générations et continuer de produire du lait. N’avoir aucun problème de reproduction ou de qualité du lait, de pattes ou de mortalité dans un élevage n’existe pas. L’éleveur et ses vaches sont du « vivant » : on peut gérer les risques mais on n’en est jamais à l’abri. Il est donc conseillé de se donner une marge de sécurité en investissant dans le renouvellement.

Dans un contexte où les unités laitières en place pourront désormais produire le lait libéré par des arrêts de production ou du lait pour l’export, il est nécessaire de bien anticiper et élever des génisses pour pouvoir répondre à ce besoin. L’expérience de 2008, a en effet montré que faire plus de lait dans notre zone, sur des systèmes déjà bien intensifiés ne peut pas passer uniquement par le concentré. La voie de l’achat pourrait être envisagée avec le risque sanitaire cité ci-dessus. La meilleure voie de notre région est d’avoir du nombre pour répondre aux futurs contrats.

Le renouvellement est donc bien un investissement qui comme tout investissement est à calibrer au mieux en fonction de ses projets et de sa situation. Toute dérive importante vis-à-vis de cet axe représentera un coût soit par excès (trop de génisses élevées) soit par défaut (manque de génisses pour faire le potentiel de production).
Pour en savoir plus sur le sujet du renouvellement du troupeau laitier, nous vous invitons à participer à l’une des Hivernales organisées par Avenir Conseil Elevage. Renseignements ici et inscriptions au 03 27 72 66 66 ou à l'aide du bulletin dans les documents joints ci-dessous.