Des solutions pour le confort des animaux… et des éleveurs

Publié le 10/07/2015 | Nos Actions - Nouveautés

Le 25 juin dernier, Avenir Conseil Elevage organisait un Forum à Mondrepuis (02) en partenariat avec le CerFrance, Gènes Diffusion, la Chambre d’Agriculture, le GDS et la MSA. Les participants ont pu découvrir diverses solutions possibles pour améliorer le confort des animaux, notamment en limitant les risques de boiteries, et celui des éleveurs chargés d’en prendre soin.

Le GAEC FOUAN était l’endroit idéal pour aborder ce sujet avec un bâtiment récent, délocalisé  au centre du pâturage dans le cadre d’un projet mûrement réfléchi. Il faut dire que depuis l’installation de M. et Mme Fouan en 1988 sur 35 ha de prairies permanentes pour une production laitière de 170 000 litres, l’élevage a profondément évolué avec les installations successives des 2 fils,  Gaël puis Fabrice. Aujourd’hui, l’élevage produit 996 000 kg de lait sur 154 hectares de SFP : une intensification de la production laitière au fil des années , toujours basée sur l’herbe puisque l’exploitation compte seulement 15 ha de maïs ensilage.

Un projet déployé sur 5 ans

En 2010 débute la construction d’un nouveau bâtiment pour les laitières qui vise à améliorer le confort des animaux mais également les conditions de travail des éleveurs. La réalisation de ce projet   va se faire par étapes successives  jusqu’en 2014 : construction de l’« ossature » du bâtiment VL d’abord, puis aménagement du bâtiment et construction de la fosse  à lisier en 2011, installation des logettes l’année suivante, équipement d’un roto 24 places en 2013 et enfin mise en place de racleurs en 2014. Ce projet représente un investissement de 675 000 €. Comme le précise Alice Petit de CerFrance, « cela a été rendu possible grâce à une très bonne rentabilité sur l’exploitation (1400 € EBE/ha en moyenne sur 5 ans), un bon fond de roulement, une progression par étapes et beaucoup d’auto-construction (réduction du coût de la place d’environ 6 500 € à 5 000 €) ».

Jean-François Delattre d’Avenir Conseil Elevage précise que les éleveurs ont profité d’une baisse d’annuités sur 5 ans pour amplifier l’investissement. « Dans le cas d’un projet sur une période assez longue comme c’est le cas ici, il faut effectivement savoir prendre du recul et adapter le rythme d’avancée aux opportunités qui peuvent se présenter ».

Outre les aspects financiers, ce projet  nécessitait également de faire évoluer le troupeau techniquement puisque la production laitière a augmenté de 25% sur 4 ans avec un effectif qui est passé de 89 à 104 vaches laitières. Les éleveurs n’ayant pas souhaité acheter d’animaux à l’extérieur, 2 leviers étaient indispensables à activer : éviter les morts (seules 10% des génisses de 0 à 2 ans meurent contre 18% pour la moyenne ACE et le taux de mortalité VL est de 2,5% pour 6,17% sur la zone) et faire reproduire (80% des génisses font une deuxième lactation).

Faire le point sur les boiteries

Vincent Claisse, conseiller Boiteries d’Avenir Conseil Elevage a ensuite présenté la situation de l’élevage vis-à-vis des boiteries suite au diagnostic réalisé récemment. Il a ainsi rappelé que les maladies du pied peuvent être d’origine infectieuse (Fourchet – Mortellaro – Panaris) ou non (traumatisme – Fourbure) et que 4 facteurs de risque sont à étudier en fonction des maladies rencontrées : la génétique, l’alimentation, la conduite du troupeau et l’habitat qui est un point à surveiller quelle que soit l’origine de la boiterie, surtout avec des animaux qui sont relativement lourds aujourd’hui.

Une démonstration de parage fonctionnel réalisée par Quentin Mériaux, pareur d’Avenir Conseil  Elevage, a permis de découvrir concrètement ce qu’il convenait de faire pour bien parer une vache avec le souci permanent de répartir la charge sur la globalité du pied.

Bien logée pour bien marcher

Dans ce beau bâtiment d’élevage, il était logique de faire le point sur les facteurs de risque de boiteries liés au logement. En expliquant que le manque de temps de couchage des animaux est un facteur majeur de risque de Fourbure ou de Fourchet, Thierry Parent, responsable du service Bâtiment d’Avenir Conseil Elevage précise qu’« une vache doit être couchée pendant 12 à 14 heures par jour. Il est important de le vérifier en observant les animaux dans le bâtiment, sans hésiter à mesurer certains éléments du bâtiment si on constate que les vaches peinent à se coucher »

Autre facteur de risque de boiterie important : l’humidité et les défauts d’hygiène des aires de vie qui peuvent provoquer du Fourchet ou de la Mortellaro. La ventilation du bâtiment est bien sûr à surveiller avec attention. Une vache laitière produit en effet 25 à 30 litres de vapeur d’eau par jour, ce qui correspond à 3 000 litres d’eau/ jour pour un troupeau de 100 VL…  Thomas Traen, conseiller Bâtiment d’Avenir Conseil Elevage précise que « le renouvellement de l’air dans le bâtiment ne doit pas dépasser 3 minutes ». Il rappelle également que les abreuvoirs doivent être positionnés assez haut pour éviter le lapage qui répand de l’eau au sol et que les aires de circulation doivent être les plus propres possibles.

Il en va de même pour les sorties de stabulation et les chemins d’accès qui correspondent à des zones d’attente et d’attroupement. Lors de la conception du bâtiment, Etienne Falentin de la Chambre d’Agriculture de l’Aisne rappelle que « même si ces travaux sont faits à la fin, il sont à avoir en tête dès le départ du projet ». Pour lui, il faut toujours se poser les questions suivantes : que cherche-t-on à rendre accessible ? Quels pourraient être les freins ? 

Le poids de l’alimentation et de la génétique

Constance Jauquet, conseillère Alimentation d’Avenir Conseil Elevage, explique ensuite que les Fourbures observées dans l’élevage ont principalement une origine alimentaire liée à un déficit en énergie et en minéraux. Une ration assez acide et des transits rapides en sont en partie la cause. Il convient dans ce cas de limiter la proportion de concentré (pas plus de 35% de la ration totale) et de veiller à avoir un taux d’amidon inférieur à 25% ? Il faut également viser une Baca très positive.

Les aspects génétiques ne sont pas à négliger non plus pour réduire les lésions du pied. Matthieu Bombart de Gènes Diffusion a ainsi présenté les 2 prédicteurs de santé du pied  issus des données de parage dans 600 élevages : la résistance aux maladies (ulcère de la sole, bleime, limace, dermatite) et la robustesse du pied : l’animal doit être paré souvent ou pas ?

Laure Artegiani du GDS a ensuite rappelé les principales règles d’utilisation d’un pédiluve : nécessité de parer les animaux, installation sur un sol plat, indispensable d’y faire passer les animaux toutes les 4 traites en curatif, maintenir les animaux au minimum 30 minutes sur un sol propre après avoir été dans le pédiluve.

Un temps a enfin été consacré à l’éleveur et aux problèmes de douleurs dorsales. « Des gestes simples sont à apprendre pour épargner son dos, le report de charge lorsque l’on porte un objet pesant  25 kg passe de 375 kg à 75 kg si on plie les jambes pour utiliser les muscles des cuisses.. », explique Pierrick Poly de la MSA.

L’après-midi, les participants ont pu assister à une démonstration d’utilisation d’un Bobman pour l’épandage de sciure ou de paille broyée dans les bâtiments d’élevage puis différents équipements ont été présentés : robot de nettoyage, logettes, tapis, milk bar ou matériel de contention.

Pour aller plus loin

BAT4-ODS-2015-Parage.pdf