Le confort, un leitmotiv au GAEC MERCIER

Publié le 27/01/2016 | Technique

Modernisation, agrandissement, diversification, transformation, en quelques décennies l'agriculture française a été profondément transformée entraînant des mutations des métiers d’agriculteurs. Au quotidien, les "chefs d'exploitation" se sont adaptés. Ils ont intégré les nouveaux outils qui s’offrent à eux pour faire évoluer les conditions de production et pour faire face au manque de main d’œuvre, facteur souvent limitant.

Bernard et Jean-Pierre Mercier, éleveurs à Candas, illustrent bien cette évolution.

En 2010, la question du robot s’est posée sur l’exploitation avec le départ en retraite des parents de Bernard et la difficulté de réaliser une extension du bloc traite existant. Les associés ont effectué quelques visites d’élevages lors de réunions et forums ACE, puis se sont lancés dans le projet robot, aidé par le fond sucre. « Grâce au robot, nous avons gagné de la flexibilité, nous n’avons plus de contraintes horaires, juste une astreinte qui est importante à prendre en considération » explique Jean-Pierre. La taille de l’élevage et la difficulté d’évolution (contraintes de site – proximité des tiers) correspond bien à une stalle de robot. Cependant, pour augmenter le nombre de traites journalières, les éleveurs ont choisi en 2014, de changer de stalle (A3 – A4), « nous avons gagné 20 traites par jour » précise Bernard. « La surveillance se fait, en partie, au robot avec de nombreux paramètres importants tels que la chute de production, la perte de poids, la reproduction, la conductivité, … Ces critères sont très importants ! » poursuit Franck Petit spécialiste robot ACE et conseiller de l’élevage. « Cela nous permet, par exemple, d’inséminer des vaches sans les avoir vu exprimer leurs chaleurs. » explique Jean-Pierre, avant d’ajouter : « Une chose est sûre, nous n’avons pas de regret et nous ne repartirions pas en salle de traite ! ».

Aménagement du bâtiment en logettes caillebotis

Capacité de stockage des effluents devenue insuffisante suite à l’évolution de la réglementation, contrainte du paillage et qualité du lait ont conduit les éleveurs à faire le choix d’un aménagement en logettes caillebotis. « Etant donné la proximité avec les tiers, il nous était impossible de réaliser une fumière ou une fosse extérieure, la fosse caillebotis s’est donc imposée et nous avons pu bénéficier des aides pour la mise aux normes des nouvelles zones vulnérables » explique Bernard.

Les vaches passent la moitié de la journée couchées dans les logettes ; assurer leur confort est primordial. L’équipement en tapis ou matelas contribue à la meilleure récupération de l’animal.

Différentes solutions existent :

- des tapis individuel en caoutchouc : robustes et souples

- des tapis en EVA : isolants et absorbeurs de chocs

- les matelas composés d’une mousse et d’un revêtement en caoutchouc : confortables et hygiéniques

Le couchage doit être à la fois souple mais également apporter un bon soutien. Trop épais, le couchage sera mou et insuffisamment soutenu. A l’inverse pas assez épais, la surface manquera de souplesse. Les mousses en polyuréthane-latex sont très confortables et assurent un soutient dynamique idéal. La surface doit être antidérapante afin de favoriser les phases de lever et de coucher en toute sécurité. En intégrant une pente à l’arrière de la logette, les jus s’écoulent facilement et la vache est au sec.

Les associés ont choisi un matelas individuel offrant une grande souplesse de couchage grâce à une épaisse mousse de latex. La mousse est enfermée dans un ensemble de caoutchouc étanche avec une pente intégrée. La face supérieure est antidérapante et lavable à haute pression ; il s’agit d’un matériau à mémoire de forme dont la souplesse et le confort permettent d’éviter les blessures aux jarrets.

Quant aux séparateurs de logettes, le choix s’est arrêté, suite à une visite au Space, sur un modèle à flexibilité progressive en câble composite. Il évite les coups à l’entrée dans la logette et permet à l’animal de s’appuyer confortablement sur le séparateur sans risque de blessure.
L’ensemble des solutions choisies procure un environnement confortable et agréable. Les animaux sont moins stressés et devraient avoir une meilleure longévité !

Les équipements pour améliorer les conditions de travail

Le repousse fourrage

Un accès permanent au fourrage frais favorise l’augmentation de la prise de matière sèche et de la production laitière des vaches. Une alimentation fréquente a également un impact positif sur la santé des animaux. Auparavant, les éleveurs repoussaient l’alimentation 2 à 3 fois/jour. Grâce au repousse fourrage cette contrainte appartient désormais au passé. Ce dernier se déplace automatiquement le long de la table d'alimentation en se guidant sur le cornadis. L’appareil pousse le fourrage, 8 fois/24h, vers la table d'alimentation sans déranger les vaches. « Depuis que nous l’utilisons, nous avons gagné 30 minutes/jour, une augmentation du nombre de repas (+ de lait) et il n’y a plus de refus » précise Jean-Pierre. Il s’agit d’un équipement autonome qui ne nécessite aucune modification ou installation spéciale dans le bâtiment. Cet investissement a été effectué avec la contribution des aides à l’amélioration des conditions de travail en Elevage du Conseil Régional de Picardie.

La brosse à vache

La brosse a été installée pour apporter un confort supplémentaire aux vaches en leur permettant de se débarrasser de la saleté et de soulager leurs démangeaisons. « Elles raffolent de la sensation que leur procure cette brosse et s’y frottent plusieurs fois par jour par pur plaisir » selon l’éleveur. « Depuis nous avons constaté qu’elles avaient un poil plus sain et brillant, cela stimule leur circulation sanguine et, au final, contribue à la tranquillité du troupeau » ajoute-t-il.

Le robot racleur 

Le robot racleur fonctionne sur batterie. Grâce à sa télécommande, l’éleveur programme le parcours du robot et planifie un nettoyage plus fréquent de certains endroits de la stabulation (p.ex. derrière les logettes) à certaines heures de la journée. Aucun capteur ne doit être installé sous ou à l’intérieur des caillebotis. Le capteur à ultrasons permet de suivre les murs à une distance prédéterminée. La particularité de la conception de ce modèle est son anneau tournant. Placé à l’avant, il empêche le dispositif de se bloquer. Grâce à cet anneau, il peut en outre longer les murs tout en évitant les obstacles. Un gyroscope intégré permet de déterminer sa position à tout moment.

Revoir son organisation et ses pratiques

Améliorer le confort de travail ne se limite pas à l’aménagement des bâtiments, ni à s’équiper de matériels pour automatiser certains travaux. Il est tout aussi important de s’interroger sur ses pratiques et sur le système mis en place sur son exploitation. Lorsqu’une tâche est pénible, plusieurs questions doivent venir à l’esprit : est-ce que je peux faire différemment ? Est-ce que je peux diminuer la fréquence de cette tâche ?

Diminuer la perte au silo et améliorer les conditions de travail

La couverture végétale des silos a été mis en place sur l’exploitation en 2009. Les éleveurs y ont trouvés plusieurs intérêts, notamment « une meilleure intégration paysagère du silo, un gain de capacité de stockage puisque le silo est plus haut, un travail plus simple, moins pénible et surtout exit la corvée du bâchage ! » précise Jean-Pierre.

Simplifier l’allaitement des veaux

Ainsi pour diminuer la pénibilité de la distribution de lait deux fois par jour aux veaux et améliorer sa digestibilité, les éleveurs utilisent depuis 1980 du lait acide. La préparation est réalisée le matin dans un seau. Le lait acide est distribué à volonté, le veau s’alimente lorsqu’il le souhaite avec la tétine, « c’est le principe du DAL, sans l’investissement » conclut Jean-Pierre Mercier.

Dans le cadre des Hivernales, le Gaec Mercier à Candas ouvrira ses portes le jeudi 4 février 2016. En plus d’aborder la gestion alimentaire du troupeau (thème des Hivernales 2016), vous aurez l’occasion de découvrir les différents aménagements réalisés (logettes flexibles, caillebotis intégral, robot de raclage, repousse-fourrage, brosse, …) et les pratiques mises en place pour gagner en confort de travail.

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