Le GAEC HONORE : simplicité et technicité

Publié le 23/02/2016 | Nouveautés

LE GAEC HONORE      

4 personnes : Maxime, son frère Florent et 2 apprentis en alternance.

1 million de litres de lait produits avec 110 VL

25 % Montbéliarde et 75 % Prim’Holstein

Production : 9 260 kg/VL à 38 de TB et 31,1 de TP

Cellules : 159 000 avec 87% de vaches saines

Age au vêlage : 27,3 mois

155 ha : 82 de prairies, 38 de maïs et 35 de céréales


Situé aux portes de l’Avesnois, à deux pas du Quesnoy (59), le GAEC Honoré a ouvert ses portes le 2 février dernier à l’Hivernale organisée par Avenir Conseil Elevage. Une occasion de découvrir un élevage dont l’un des objectifs est de valoriser au mieux les productions présentes, et en particulier l’herbe qui représente plus de la moitié du parcellaire, avec un impact intéressant sur les résultats technico-économiques.

10 ans d’évolution

En 2006, lorsque leur père prend sa retraite, Florent et Maxime Honoré s’installent en GAEC avec leur mère en reprenant une autre exploitation. Il y a alors 2 sites de traite jusqu’à ce que le troupeau soit regroupé en 2011. Aujourd’hui, les deux frères sont les deux seuls associés du GAEC suite au départ en retraite de leur mère en 2013. L’élevage est toujours composé de 2 races car, au début, les Montbéliardes présentes dans le troupeau parental ont été conservées pour ne pas avoir à acheter d’animaux à l’extérieur. Leur résistance et leurs qualités en termes de valorisation de la viande, de reproduction et de taux font qu’elles sont toujours présentes dans l’élevage. Celui-ci a même tendance à « rougir » puisque de 15 Montbéliardes au départ, il en accueille maintenant une quarantaine.

Le bâtiment des vaches laitières actuel est composé d’une partie mise aux normes en 2000 (espace pour les veaux, laiterie..) et d’une autre partie construite lors du regroupement des 2 troupeaux. Celle-ci comporte 120 logettes paillées avec une fumière couverte en bout de bâtiment et une implantation en U. La salle de traite est en épi avec 2x10 postes. Hormis les vaches taries et les jeunes veaux qui sont regroupés dans deux parties distinctes du bâtiment, les animaux qui ne sont pas en production laitière sont répartis sur 2 autres sites. L’un accueille les génisses jusqu‘à leur insémination ainsi que les vaches en finition et l’autre les génisses pleines, des bœufs et des vaches allaitantes.

Des coûts alimentaires maîtrisés

L’élevage est en suivi Marge Brute avec Avenir Conseil Elevage depuis plusieurs années. Il se situe dans le quart supérieur des systèmes à + de 60% d’herbe et continue à progresser. Sur les 20 € d’écart de marge brute aux 1 000 litres qu’il affiche par rapport à la moyenne du groupe, 9 € proviennent du coût alimentaire. Si on y regarde de plus près, on constate que cela est vrai aussi bien pour les vaches dont le coût alimentaire est en moyenne de 87 €/1000 litres pour la campagne 2014/2015 (94 €/1000 litres pour la moyenne) que pour les génisses (23 €/1000 litres et 26 € pour la moyenne). D’où proviennent ces bons résultats ? « On peut sans hésiter mettre en avant la valorisation de l’herbe et la qualité des fourrages récoltés à bonne maturité et avec des valeurs alimentaires qui sont au rendez-vous », indique Benjamin Decherf, le conseiller de l’élevage. C’est un cercle vertueux : ces fourrages permettent une utilisation parcimonieuse et efficace des concentrés (160 grammes/1000 litres en moyenne par rapport aux 190 grammes en moyenne pour le groupe de référence), tout en générant des performances intéressantes en termes de lait par vache. Tout cela concourt à obtenir un coût alimentaire de 110 €/1000 litres tout en produisant 10 700 litres de lait/ha. Il convient également de souligner une mortalité faible de 3,3% au niveau des vaches. 

Une attention particulière à la conduite de l’herbe

Grâce aux 30 hectares de prairies qui se trouvent autour du bâtiment des vaches laitières, Maxime et Florent Honoré ont choisi de travailler avec un seul lot d’animaux qui sort en pâturage tournant jour et nuit dès le printemps. La surface octroyée à chaque vache est alors de 22 ares. Les temps de repos entre chaque passage dans les parcelles varient de 17 jours au printemps à 22 jours en plein été, puis à 20 jours en fin d’été/début d’automne. Seules les vaches à moins de  100 jours de lactation sont complémentées. Un ébousage est réalisé dès que possible. 
Pour la fauche, les éleveurs visent un ensilage de qualité au printemps puis ils gèrent les repousses et les refus, qui sont coupés pour permettre une repousse de qualité,  en enrubannage ou en foin en fonction de la météo.
Depuis 2 ans, ils pratiquent le sursemis de trèfle et de ray grass afin d’améliorer l’appétence et les valeurs alimentaires de l’herbe tout en augmentant légèrement le rendement et en diminuant la fertilisation azotée. Il convient ici de souligner l’importance de la prise en compte de la précocité des variétés de ray grass pour éviter qu’une variété tardive ne se trouve stoppée dans sa pousse par un été trop sec et/ou chaud. 
L’exploitation est également un site de mesure de la pousse de l’herbe pour le dispositif Herbe Hebdo. Ainsi depuis 2 ans, de mars à juillet une mesure de la pousse de l’herbe est réalisée sur toutes les parcelles non pâturées, puis de fin août à mi-octobre, une mesure tous les 15 jours. Cette opération a permis aux éleveurs une meilleure réactivité en matière de rotation dans les parcelles et quelques réajustements pour ne pas rentrer trop vite sur de nouvelles parcelles.

La conduite de l’herbe, on le sait bien et cela se vérifie encore ici, demande beaucoup d’attention et de réactivité, autant dans le suivi de la pousse que dans la décision de faucher au bon stade mais…. Au regard de l’expérience du GAEC Honoré, ça vaut vraiment le coup de s’y pencher.

Pour aller plus loin

GAEC HONORE-PJ.pdf