Forum ACE : se fixer des objectifs pour avancer

Publié le 03/07/2016 | Nos Actions

  • 200 personnes au Forum ACE le 16 juin dernier.

  • 6 stands pour découvrir l’Earl du Boutelet sous un angle économique

  • La démonstration d’analyse de fourrage par AgriNIR a fait le plein !

Le 16 juin 200 personnes ont participé au forum organisé par Avenir Conseil Elevage à l’Earl du Boutelet à Lignières Châtelain. Compte tenu du contexte actuel, la visite a mis l’accent sur les aspects technico-économiques de l’élevage et ses atouts tout en donnant des perspectives d’améliorations pour l’avenir.

Lorsqu’Hubert Avet s’installe en 1994, il produit environ 150 000 litres de lait sur 35 hectares. Une vingtaine d’années plus tard, Monsieur Avet emploie deux salariés dont un à mi-temps, exploite 140 ha, produit 830 000  litres de lait et a créé un atelier d’engraissement de taurillons. « En plus de la gestion de l’exploitation, je suis président de la Cuma, maire de mon village et animateur Bleu Blanc Cœur » précise-t-il en ajoutant à propos de cette dernière fonction « En tant qu’éleveur il y a beaucoup à faire pour communiquer sur notre métier. Récemment nous sommes intervenus auprès de cadres de l’entreprise Orange en région parisienne, nous n’avons pas toujours conscience de la méconnaissance des consommateurs sur notre métier, à nous d’y répondre. »

Quelques repères techniques

Pour démarrer la visite de l’atelier laitier, Mélanie Vendanger, conseillère Avenir Conseil Elevage de l’Earl du Boutelet a exposé quelques données techniques ACE : « Sur la campagne 2015-2016 les 104 vaches présentes ont produit 9700 kg de lait à 245 000 cellules. L’âge au premier vêlage est de 2 ans et 4 mois, l’IVV de 432 jours et la prolificité à 0,96 est proche de l’objectif de 1 veau par vache par an. Avec 34% de génisses le renouvellement est cohérent au système d’élevage. »

Pour poursuivre la présentation de l’Earl du Boutelet Mélanie Vendanger expose les moyennes des coûts de production de 200 élevages. « Il y a des écarts importants entre les élevages, sur la campagne laitière 2014-2015, l’exploitation de Monsieur Avet avait un coût supérieur de l’ordre de 63 €/1000 litres par rapport à la moyenne du groupe de référence. » De mauvais rendements ont engendré l’achat d’aliments ce qui a fortement pénalisé le résultat. Sur le graphique présenté, l’alimentation achetée par l’Earl représente 168 €/1000 litres contre 107 € pour la référence. Fort heureusement, cet incident ne s’est pas reproduit en 2015-2016 et la comparaison des résultats de Marge Brute de l’atelier lait des deux campagnes démontre une nette amélioration du résultat.

Exercice 2014-2015  Exercice 2015-2016
Marge Brute €/1000 L 94 119
Chargement corrigé 2,2 2,48
Produit €/1000 L 346 325
Valorisation du lait €/1000 L 327 294
Valorisation de la viande €/1000 L 19 39
Pourcentage de mortalité 15% 10,6%
Charges €/1000 L 252 206
Coût alimentaire €/1000 L 200 156
Frais d'élevage €/1000 L 51 50

Objectif 16+15 euros !

Sur les deux exercices, la diminution des charges alimentaires représente plus de 40 000 €. Le produit viande est également en nette augmentation grâce à la vente de davantage de vaches mais également de veaux croisés Blanc bleu. En revanche, Rémi Fasquel et Raphael Lejeune, conseillers économique Avenir Conseil Elevage, notent les conséquences économiques de la production « hors quota » qui pénalise le résultat. « En livrant 913 643 litres, Monsieur Avet a "sur-produit" dès le 15 février. La conséquence financière est importante : la marge brute a diminué de 24 €/1000 litres. » Pour l’année à venir, les techniciens dévoilent deux pistes envisagées pour améliorer cette marge brute. « Monsieur Avet pourrait remplacer le Bétador, un coproduit certes riche mais onéreux, par des pulpes surpressées. Cela permettrait potentiellement d’économiser plus de 14 000 € soit 16 €/1 000  litres. » La deuxième piste vise à diminuer les concentrés en récoltant des fourrages de meilleure qualité, en récoltant à un stade plus précoce (« si les conditions météo le permettent ! », note immédiatement le groupe d’éleveurs qui assiste à la visite). L'objectif fixé est de distribuer 180 g de concentrés par litre au lieu de 220 actuellement. L’économie pourrait atteindre 15 €/1000 litres.

La Cuma pour réduire les frais de mécanisation

Un des atouts de l’Earl du Boutelet est d’adhérer à une Cuma importante (une centaine d’adhérents) et disposant de matériels performants et adaptés aux besoins de Hubert Avet. Pierre Delassus du CER et Cédric Lay de la fédération des Cuma des Hauts de France ont présenté les atouts économiques d’un tel système en comparant l’équipement individuel et l’adhésion à la Cuma. Ainsi, l’épandage des 3 200 m3 de lisier coute 1008 € soit un coût de 0,31€ par m3 contre 1,20 €  à équipement individuel. Même si certains aspects (niveau d’investissement, adéquation du besoin et de l’équipement) peuvent être discutés, il est indéniable que l’adhésion d’Hubert Avet à la Cuma des Evoissons lui permet de bénéficier d’un matériel performant à un coût imbattable lui permettant d’être très efficace.

Pour clore le circuit de visite, Jocelyne Machefer du GIE Lait Viande, Sébastien Daguenet du CER et Nicolas Maréchal d’ACE ont détaillé les intérêts de la démarche d’audit conseil financée par la région. Tous trois ont insisté sur l’occasion de réunir autour de la table l’ensemble des acteurs et partenaires de l’élevage. L’objectif est d’initier un plan d’action partagé par tous. Pour y parvenir le plan de performance est réalisé dans un premier temps avec un partenaire au choix de l’éleveur. Ensemble ils réalisent une analyse globale de l’exploitation. Dans le département de la Somme il est possible d’y adjoindre une étude Dexel pour les nouvelles zones vulnérables. C’est dans un second temps qu’une rencontre permet de bâtir le plan d’action et de mettre tous les partenaires en ordre de marche vers un objectif commun.