Il faut mesurer, peser, calculer… je le fais !

Publié le 25/10/2016 | Technique - Nos Actions

Gaëtan Boutin est installé en Gaec avec son père, Jean-Benoît, à Quend (80). Il témoigne de la nécessité de disposer de repères techniques et économiques et de l’importance du regard extérieur de spécialistes pour conduire l’élevage vers les objectifs que les associés se fixent.

Que vous apporte la collecte de données réalisée par Avenir Conseil Élevage ?

L’élevage possède un bon niveau de production et une qualité du lait satisfaisante. Cela est rendu possible, en partie, grâce aux résultats du contrôle de performances vache par vache. 11 fois par an, les analyses nous permettent de suivre la production pour conforter ou remettre en cause notre conduite d’élevage. La régularité est importante pour réagir rapidement en cas de problème. Quand je reçois les résultats, je porte une attention particulière au rapport TB/TP pour détecter les acidoses et sub-acidoses, mais aussi aux facteurs de qualité qui impactent la grille de paiement du lait. Nous travaillons en ce moment à l’amélioration des taux. Depuis 2-3 ans, nous avons intégré ce critère dans les plans d’accouplement et nous portons attention à l’alimentation du troupeau avec le conseiller ACE. L’acquisition de ces données a un coût, mais elles me sont indispensables pour conduire et gérer l’élevage.

Vous avez évoqué le conseiller d’Avenir Conseil Élevage, pouvez-vous nous dire en quoi consiste son action ?

En fait, plusieurs personnes d’ACE interviennent chez nous. Nous rencontrons notre conseiller d’élevage régulièrement. Après avoir défini nos besoins et objectifs, nous avons établi avec lui un rythme d’au moins une après-midi par trimestre. Cela nous permet de prendre le temps d’analyser une problématique dans sa globalité. Il peut s’agir d’alimentation, de bilan de production, de reproduction ou autre, selon nos attentes du moment. Ce thème est défini avec lui avant notre rencontre. Entre temps, nous restons en contact que ce soit par mail, téléphone ou même avec une visite rapide en cas de besoin.

Depuis 4 ans, nous calculons la marge brute de l’atelier lait avec un conseiller spécialisé en économie d’Avenir Conseil Élevage. C’est devenu une réelle nécessité. Nous pensions être performants, ce qui était le cas sur certains postes mais sur d’autres nous avons pu mesurer les marges de progrès. Avec la conjoncture actuelle, l’impression ne suffit pas, il faut calculer et mesurer pour s’assurer de « bien faire », alors je le fais !

Pour prendre davantage le temps et sortir de la routine, en 2016, nous avons évoqué le projet d’installation de ma sœur avec un autre conseiller. Cela nous a permis d’avoir des discussions de fond et de se motiver. J’ai besoin d’objectifs clairement définis pour me projeter et avancer.

Concrètement, quelles actions avez-vous menées dans la conduite de votre élevage ?

En plus du suivi quotidien, l’un des objectifs fixés était de réduire le coût alimentaire et notamment le coût de concentrés. Pour cela, en plus des services d’Avenir Conseil Élevage, j’ai fait appel à un nutritionniste indépendant. Nous avons d’abord investi dans un peson sur le télescopique et nous nous sommes aperçus que les quantités distribuées étaient loin d’être ce que nous pensions : nous donnions parfois le double. Encore une fois, il faut peser et mesurer, l’impression ne suffit pas !

Nous avons installé un DAC pour mieux gérer les débuts de lactation et différencier les primipares des multipares.

Ensuite, en 2015 nous avons construit deux travées de bâtiment pour stocker à plat des matières premières plutôt que d’acheter des concentrés plus chers que nous stockions en cellules. 
En comparant les résultats de MB, le fait de distribuer des matières premières et l’achat du DAC nous a fait économiser plus de 30 000 €.

Depuis le début de l’année, nous poursuivons ce travail sur l’alimentation. Nous distribuons des aliments produits à la ferme aux génisses dès le post-sevrage. Avec le conseiller d’élevage et le spécialiste économique nous tablons sur un gain d’environ 15 000 € supplémentaires !
Dans le même temps, nous avons amélioré l’âge de mise à la reproduction grâce à une meilleure maîtrise de l’alimentation des génisses.

Photo conseil

Et pour 2017 ?

Il y a beaucoup de choses. Aude, ma sœur devrait pouvoir s’installer avec le départ en retraite de mon père. Nous allons poursuivre le travail sur l’alimentation avec l’incorporation de fibres produites sur l’exploitation sans impacter la SFP en implantant des dérobées. Et puis, avec le prix de vente des bœufs, je m’interroge sur l’intérêt de cet atelier. 

Quels sont les facteurs d’un conseil de qualité ?

Le conseil est avant tout une histoire de relation humaine, il faut que le courant passe ! J’ai besoin de quelqu’un de disponible, performant techniquement mais aussi économiquement et surtout qui écoute avec intérêt. De plus en plus, avec les projets, les interrogations et les idées qui s’annoncent à plus ou moins court et moyen termes (installation de ma sœur avec le départ en retraite de mon père, intérêts technique et économique de l’atelier bœufs, transformation…), nous avons besoins de compétences diverses. Nous sommes entrés dans une démarche d’accompagnement de projet. Mais tout cela n’est valable qu’à la seule condition d’accepter la remise en cause de ses pratiques.