Une nouvelle approche de la qualité du lait pour un nouveau contexte d’élevage

Publié le 11/01/2017 | Technique

« Regarde, le voisin, il ne fait rien et il est bon en cellules ! » Cet avis exprimé à maintes reprises a de quoi interpeller. En effet, il est parfois difficile d’expliquer de prime abord les résultats qualité du lait de certains élevages. Mais un examen approfondi met finalement souvent en avant certains éléments propices à une qualité satisfaisante. Il faut disposer de la totalité des informations, et si le voisin a de bons résultats, cela n’est sûrement pas le fruit du hasard !

Dans la plupart des situations où la qualité du lait est perfectible, on retrouve de la contagion entre les vaches, qui entraine souvent la réforme des animaux infectés car impossibles à soigner.

Dans un contexte de droit à produire constant d’une année sur l’autre, le renouvellement peut être suffisant pour compenser ces réformes prématurées. Même si cela représente un surcoût (évalué à 30 €/1 000 Litres), cela permet d’éviter le risque de résultats cellulaires tank à plus de 400 000 cellules, voire d’arrêt de collecte.

Oui mais voilà : la constance des droits à produire fait aujourd’hui partie du passé. Nous sommes entrés dans un modèle où l’adaptation des volumes livrés est de plus en plus présente. Dès lors, si les infections en lactation sont trop importantes, un élevage peut se trouver dans l’incapacité de renouveler les animaux infectés s’il a besoin de produire du lait à ce moment-là. Au final, l’équation est de plus en plus complexe à résoudre !

Un nouvel outil pour s’adapter

Face à ces constats, Avenir Conseil Élevage a conçu un tableau de bord innovant, qui vous permet de mieux cerner votre situation : la Dynamique Cellulaire du troupeau.

Cette innovation vous est présentée lors des Hivernales 2017 en cours. Il s’agit d’une déclinaison beaucoup plus complète de l’Incidence Globale en Lactation (IGL) mise en place dans les élevages depuis 2014.

Les différents schémas d’infection du troupeau y sont présentés sous forme graphique, ce qui permet de détecter très rapidement les points sur lesquels il faut travailler en priorité pour obtenir une évolution favorable de la situation cellulaire.

Qu’appelle-t-on schéma d’infection ?

Nous mettons l’accent depuis plusieurs années sur les infections en lactation. A partir de vos données d’élevage, il est possible de définir si elles proviennent de l’environnement ou d’une contagion (les vaches infectées contaminent les vaches saines pendant la traite).

Ceci nous permet d’apporter un conseil adapté à la problématique de l’élevage. Dès lors, inutile de décider de monter des logettes si en réalité les infections se propagent lors de la traite…

Avec la « Dynamique Cellulaire », 2 nouvelles dimensions sont prises en compte : les infections lors du tarissement, ainsi que le nombre et les infections subies par les primipares avant le vêlage.

La bonne maitrise du tarissement est un levier important pour remettre les compteurs cellulaires à zéro. C’est d’autant plus important dans le contexte Eco-antibiotique 2017.

Concernant les primipares, les situations sont très différentes entre les élevages. Les critères de prolificité et de mortalité sont les premiers leviers à activer pour élever un nombre important de primipares. L’utilisation de semence sexée fait également grimper ce chiffre puisqu’elle permet aujourd’hui d’obtenir 89,5 % de génisses (source Gènes Diffusion).

Actuellement, ACE étudie l’impact du premier comptage cellulaire des primipares sur leur carrière. Les premiers résultats sont sans appel : il est utopique d’espérer faire vieillir les primipares qui affichent plus de 100 000 cellules au premier contrôle.

Dans un premier temps, l’analyse de la Dynamique Cellulaire du troupeau permet de travailler sur la situation infectieuse du troupeau. Dans un second temps, elle permet d’avoir une approche plus globale : gestion de la reproduction, impact économique, intérêt de produire beaucoup de renouvelle- ment, gestion du travail dans l’élevage des élèves.

Important : cette démarche n’est possible que dans les élevages qui disposent d’au moins 9 prises d’échantillons individuels vache par vache, réparties uniformément dans l’année. Il est en effet impossible d’évaluer les données cellulaires en dynamique s’il s’écoule trop de temps entre les pesées.

Votre conseiller Avenir Conseil Élevage vous accompagnera dans l’analyse de ce nouveau document et pourra dresser avec vous le plan d’action à mener pour que vous puissiez dire « J’ai de bons résultats, et ce n’est pas le fruit du hasard !»

Pour aller plus loin

Hivernales 2017-Plaquette-BAT2.pdf