Audit-conseil : une rencontre inédite très bénéfique

Publié le 24/03/2017 | Nos Actions

En décembre 2016, Sébastien et Hélène Brygo installés, sur la commune de Killem dans le Nord, ont fait appel à Avenir Conseil Elevage pour bénéficier d’un Audit-conseil. Ils témoignent de l’intérêt d’une telle démarche pour faire face au contexte laitier.
Une réponse à un besoin

La crise laitière qui tarde à se dissiper a conduit le Conseil Régio¬nal des Hauts de France, les Conseils Départementaux (ex Conseils Généraux) et le GIE Lait-Viande Nord-Picar¬die à mobiliser des financements pour venir en aide aux éleveurs en mettant en place l’action Audit-conseil. Avenir Conseil Élevage s’est immédiatement associée au dispositif en y impliquant son équipe Technico-Économique à partir de juin 2016. Grâce à son expérience des Marges Brutes (elle en réalise plus de 400 par an), aux références technico-économiques collectées et à son expertise de la conduite technique, l’équipe d’Avenir Conseil Élevage a pu enrichir l’outil obligatoire AGE (Analyse Globale d’Entreprise) et réaliser un audit technique, économique et financier très complet. L’intérêt de la démarche est de faire émerger des pistes d’évolutions en cohérence avec le potentiel de l’ex-ploitation et les attentes de l’éleveur. Un plan d’action est ensuite établi avec l’appui du conseiller de gestion et de la banque.

Des ambitions malgré tout

Même si les prix et le contexte de ces derniers temps ne sont pas porteurs, l’exploitation de Sébastien et Hélène Brygo est en pleine évolution et le couple poursuit son projet. 

Earl Brygo à Killem (59)

Sébastien et Hélène Brygo

140 ha dont 100 en cultures de vente

80 Vaches Laitières pour 750 000 L livrés en 2016

35 vaches allaitante en race Blanc-bleu, engraissement de tous les mâles en taurillons

Le projet : « L’augmentation de la production en cours devrait permettre à Hélène de s’investir davantage sur l’exploitation. »

Depuis son installation en Gaec avec ses parents en 1999, Sébastien Brygo a clairement fait le choix de développer le lait : « nous produisions alors 100 000 litres de lait, et comme beaucoup d’éleveurs nous avons augmenté régulièrement. Mais c’est surtout en 2015, avec le rachat de 550 000 litres supplémentaires à la laiterie, que nous avons concrétisé le projet de produire du lait en quantité et de favoriser ainsi le retour d’Hélène à plein temps sur l’exploitation d’ici 2 à 3 ans ». En effet, l’augmentation de la production n’est pas encore totalement réalisée, en accord avec la laiterie, Sébastien et Hélène se donnent le temps (d’ici 2020) pour parvenir au niveau de production final. Ce délai permet aux éleveurs de mener le projet « à l’économie ». La salle de traite a été changée par une TPA 2x11 d’occasion que Sébastien installe lui-même, « Nous n’avons monté qu’un seul quai pour le moment, le deuxième sera installé au fur et à mesure de l’augmentation du troupeau ». Le bâtiment existant est suffisamment grand pour accueillir 130 vaches moyennant quelques aménagements. L’aire paillée va être remplacée par des logettes raclées pour limiter la consommation de paille et le temps de travail.

Donner de la vision à tous les acteurs

Bien que réfléchi, planifié et échelonné sur plusieurs années, ce projet pourrait inquiéter les financeurs étant donné le contexte de prix bas qui a tendu la trésorerie de l’exploitation. Pour avoir une meilleure vision à moyen termes de l’élevage, Agathe Vandaele, conseillère ACE de l’élevage, a d’abord proposé de réaliser un diagnostic Capacilait, étude permettant de vérifier la faisabilité technique d’un accroissement de production. Dans le même temps, la région Hauts de France lançait son opération d’audit en élevage, c’est donc tout naturellement que Sébastien a fait appel à Avenir Conseil Elevage pour en bénéficier. 
Dans un premier temps, en décembre 2016, Emmanuel Delmotte, conseiller spécialisé technico-économique, s’est entretenu avec le couple d’éleveurs pour collecter toutes les données techniques et économiques nécessaires à l’analyse du système et du projet. Il a ensuite organisé en février 2017 le compte-rendu de ses conclusions en réunissant le conseiller de gestion et les conseillers des deux banques de l’exploitation. « Cette table ronde a été très intéressante et bénéfique pour tous, c’était la première fois que ces interlocuteurs se rencontraient tous ensemble. Cela a permis de fournir aux banques une vision chiffrée et fiable du projet. Nous avons pu expliquer que les investissements sont raisonnés et bien répartis dans le temps. Cela a rassuré tout le monde, nous y compris, même si nous ne doutions pas de l’intérêt économique de notre évolution. », explique Sébastien. 

« La marge brute lait est indispensable »

En complément, les éleveurs avaient déjà ressenti le besoin de mieux visualiser les leviers d’amélioration de l’efficacité technique et économique de leur élevage. « Depuis 2015, ACE nous calcule la marge brute lait de l’exploitation. La première année nous avons été assez surpris de voir qu’on gagnait moins que ce qu’on pensait. La deuxième année, après avoir travaillé sur le coût alimentaire et sur les frais sanitaires, nous avons nettement amélioré la rentabilité de l’atelier lait. Je suis convaincu qu’il est devenu indispensable de calculer cette marge. Désormais, nous raisonnons différemment la gestion du troupeau ; on part de la marge pour savoir combien on peut dépenser pour produire alors que nous faisions l’inverse auparavant. », conclut Sébastien.


Le regard du conseiller sur le dispositif Audit-Conseil

Emmanuel Delmotte, conseiller à Avenir Conseil Elevage a réaliser plusieurs Audit-Conseil, il liste ci-dessous deux points forts qui, selon lui, sont les deux grands bénéfices d’une telle action. 

1- La table ronde permet aux interlocuteurs de se connaitre et d’échanger les connaissances de chacun. Avenir Conseil Elevage apporte une vision technique et économique en précisant le niveau de marge brute nécessaire pour atteindre un seuil de rentabilité. Les centres de gestion précisent, quant à eux, le niveau de charges de structures et leurs caractéristiques.

2- Finalement, l’audit permet de définir un EBE prévisionnel pour mieux piloter l’élevage et définir un cap.