Prairies multi-espèces... pour bénéfices multiples ?

Publié le 06/06/2017 | Technique

  • Une pousse plus régulière et une meilleure productivité

La prairie multi-espèces fait de plus en plus d’adeptes. Avant de détailler les diverses raisons de ce retour en force, une mise au point sur la terminologie s’impose.

Tirer profit de la mixité

La prairie multi-espèces est semée avec au moins 3 espèces de 2 familles différentes, le plus souvent des graminées et des légumineuses. La composition peut être simple avec 3 à 4 espèces : 1 à 2 graminées et 1 à 2 légumineuses (exemple : RGA, Fétuque, Trèfle Blanc) ou complexe avec 5 à 10 espèces de graminées et de légumineuses (type mélange suisse). Quant à l’association, il s’agit d’un mélange d’une graminée et d’une légumineuse. Le plus répandu est le mélange RGA et Trèfle Blanc.

Avec un nombre plus important d’espèces et de variétés, la pousse d’une prairie multi-espèces est plus régulière tout au long de l’année. En effet, les graminées ont une reprise de végétation plus rapide au printemps et produisent plus à l’automne, alors que les légumineuses prendront le relais dans les conditions estivales (chaleur et luminosité). La productivité en tonnes de matière sèche est le premier atout de telles prairies.

Manger varié et équilibré

Le multi-espèces apporte également une souplesse d’exploitation en fournissant une herbe de qualité régulière. Les différentes espèces se développent à leur propre rythme et permettent d’échelonner l’arrivée au stade de début épiaison, instant où la valeur de la graminée diminue.

La présence des légumineuses améliore nettement la teneur azotée du fourrage, et participe ainsi à l’autonomie protéique de l’alimentation. La composition de la flore peut évoluer en fonction de la saison, les légumineuses se développant surtout après le premier cycle des graminées.

De plus, la diversité permet à la prairie de mieux s’adapter aux sols hétérogènes et aux aléas climatiques. Pour finir, la présence des légumineuses contribue à limiter les apports d’engrais en fixant l’azote de l’air.

Concrètement comment faire ? Avant de se lancer dans une rénovation totale des surfaces en herbe, il est bon de faire un point de situation sur les pratiques actuelles (voir diagnostic prairial). Car, au risque de dégrader la marge globale de l’exploitation, la question à se poser en premier est : faut-il s’engager à ressemer des prairies alors que les surfaces existantes ne sont pas correctement valorisées ?

Lorsque la décision de ressemer est prise il conviendra de choisir les espèces et les variétés adaptées selon :

• le ou les types de sols,
• la pérennité désirée,
• le mode d’exploitation prévu,
• les types d’animaux destinataires en intégrant la gestion des risques (ex : météorisation, séchage difficile du Trèfle Violet, perte des feuilles des légumineuses…).

Une fois le mélange établi, la date de semis peut être déterminée. La fin de l’été est souvent la période la plus adaptée. Pour favoriser l’implantation des légumineuses, la fertilisation azotée sera très limitée la première année. Attention, le désherbage chimique est impossible sur la prairie multi-espèces : pour éviter le développement d’adventices, il est recommandé de faucher précocement.