Forum 2017 : le lait au centre de divers projets

Publié le 20/06/2017 | Nos Actions

  • Une visite et des stands libres très appréciés

Le 15 juin, 280 personnes ont participé au Forum organisé par Avenir Conseil Elevage à l’Earl de la Vigne à Buigny l’Abbé dans la Somme. Pour cette édition, la visite avait pour objectif de démontrer aux participants que pour développer son exploitation, l’éleveur doit avant tout maîtriser l’existant.

« Avec la mise aux normes en 2000, nous avons saisi l’opportunité de délocaliser l’élevage à Buigny l’Abbé », commence Francis Coulon, éleveur associé de l’Earl de la Vigne, avec Dominique Coulon. Par la suite, les occasions d’évolution se sont succédées à un rythme soutenu, mais maîtrisé, et surtout en anticipant. Entre 2002 et 2004, réflexion et création d’une plateforme de compostage, en 2008 reprise d’une exploitation, en 2011 installation de panneaux photovoltaïques sur l’un des bâtiments et dernièrement, en 2015, installation de deux robots de traite. Sur ce dernier point, Julien Lamy, conseiller d’Avenir Conseil Elevage et spécialiste en nutrition, explique comment cette évolution a pu être anticipée : « L’installation des robots de traite a coïncidé avec un accroissement de la production. Nous avons travaillé sur la reproduction et sur l’alimentation. » Aujourd’hui, avec un intervalle vêlage-vêlage de 394 jours et seulement 10 génisses de plus de 2 ans, les données « repro » démontrent la maîtrise du sujet par les éleveurs.

« Pour maintenir le bon niveau de production, les concentrés distribués ont été modifiés et nous travaillons à l’amélioration de la qualité des fourrages récoltés. Nous avons, par exemple, veillé au bon éclatement des grains dans l’ensilage de maïs. Plus récemment, notre attention s’est portée sur la qualité de l’herbe récoltée. », a expliqué le conseiller. Lorsqu’il poursuit sur la présentation de la marge brute de l’atelier lait réalisée par ACE, Julien Lamy indique que les résultats économiques sont à la baisse, comme dans la plupart des élevages. « Ici, avec 128 €/1000 L sur la campagne 2016-17, c’est 50 € de moins que l’an passé ! Vous l’avez sûrement constaté chez vous, les charges sont là, mais les prix ne sont pas à la hauteur. De plus, la période 2016-17 était encore marquée par le passage au robot, l’augmentation du troupeau, bref des évènements qui ont généré des imprévus et des baisses temporaires de rentabilité ».

Enfin, pour compléter cette analyse succincte des chiffres, Francis Coulon explique à quel point chaque détail compte. « Les coûts de concentrés distribués sont en augmentation, c’est en partie dû à une erreur de recalibration du robot lors du changement de concentrés. Nous apprenons de nos erreurs, mais c’est souvent à nos dépends. »

Se projeter, c’est anticiper

Pour revenir sur l’importance d’anticiper, la deuxième étape de la visite présentait aux éleveurs une méthode de gestion de projet. Nicolas Maréchal est, notamment, en charge de la prestation « Accompagnement de projet » à Avenir Conseil Elevage. « Un projet ne signifie pas forcément un agrandissement ou un accroissement d’activité, un éleveur qui souhaite mieux organiser son travail pour se dégager du temps entre dans une dynamique de projet. Finalement, un projet c’est une intention de faire quelque-chose qui nécessitera la mise en œuvre de moyens. » Dans tous les cas, l’objectif doit être clair pour pouvoir bâtir une stratégie cohérente et anticiper les actions à mettre en place. 

Malgré l’incertitude sur les cours du lait, des céréales, de la viande et autres produits, Marie Bachelet, conseillère à Cerfrance Somme, a rappelé l’importance de réaliser des projections économiques. Ces projections permettent de valider le projet dans son ensemble et parfois de s’intéresser à un point plus précis comme le réglementaire ou le statut juridique par exemple. Ce fut le cas pour les associés de l’Earl de la vigne, ils ont fait le choix de séparer les activités électricité photovoltaïque et de compostage de la production laitière.

Et maintenant ?

Le besoin de se projeter de Francis et Dominique Coulon les pousse désormais à améliorer l’élevage des veaux. Après avoir travaillé sur la conduite alimentaire pour une meilleure croissance, c’est la configuration actuelle de l’installation qui n’apporte pas satisfaction, notamment dans la gestion sanitaire. Les associés sont donc en pleine réflexion…

Une base solide

La visite aura permis de démontrer que les évolutions réalisées et celles encore à venir n’ont été possible qu’à la faveur d’une base solide : la gestion du troupeau laitier. L’intervention de Claude Richer de Gènes diffusion et de Laurent Ferry de Prim’Hostein France, a détaillé la supériorité du potentiel génétique du troupeau par rapport à la moyenne régionale. Plus loin, l’étape « Dynamique Cellulaire » animée par Adeline Magnier et Laurent Hedon, tous deux spécialistes Qualité du Lait à Avenir Conseil Elevage, a mis en évidence que, même durant la période d’adaptation au robot que vient de traverser l’élevage, les résultats n’ont pas dérapé. 

contre la BVD
Jean-Michel Bonzack du GDS a informé le public sur le programme d’éradication de la BVD, « C’est possible, les Suisses l’ont fait, les Allemands sont en bonne voie, à nous de nous y attaquer maintenant ». Les pertes économiques liées à la BVD sont évaluées en élevage infecté dans une fourchette de 46 à 83 € par bovin. Avec de tels chiffres, il est nécessaire de se mobiliser. La lutte ne sera efficace que si tous les éleveurs combattent le virus en même temps ! Plus d’information auprès de votre GDS et sur www.contrelabvd.com