Implantation d’une prairie : le choix des espèces

Publié le 13/07/2017 | Technique

Implanter une prairie ne s'improvise pas ! Que ce soit en mono ou en pluri-espèces, il est important de connaître les caractéristiques particulières pour choisir les plantes les plus adaptées à ses objectifs.

Les principaux critères à prendre en compte :

-alternativité-remontaison

Les espèces ou variétés non alternatives ont besoin d’un hiver pour monter à l’épi (pour lever la dormance). Elles n’épieront pas la première année si elles sont semées au printemps.
C’est le cas par exemple des ray grass anglais, ray grass hybrides et des fétuques des prés.
Elles sont plus adaptées au pâturage, d’autant plus qu’elles seront non remontantes.
Les espèces ou variétés alternatives épient l’année d’un semis de printemps ; elles sont plus adaptées à la récolte en ensilage ou en foin.

C’est le cas par exemple des Bromes et de certains ray grass italiens.

Elles sont souvent utilisées pour une exploitation rapide (semis d’été pour exploitation à l’automne et au printemps) et sur une courte période car leur pérennité est faible.
Une espèce ou une variété remontante a la capacité de refaire des épis après une exploitation qui a empêché la pousse précédente d’arriver à épiaison.

- la ploïdie

C’est une caractéristique génétique et variétale des plantes qui concerne exclusivement les ray grass et les trèfles. On trouve alors des variétés diploïdes et tétraploïdes. Ces dernières sont plus riches en eau donc plus appétentes, plus résistantes au sec avec un potentiel de rendement plus élevé. En revanche, elles sont plus difficiles à faner, sensibles au piétinement et moins pérennes. 
En pratique, on préconisera les espèces diploïdes pour faire du foin. Pour du pâturage, une association de variétés diploïdes et tétraploïdes est préférable pour avoir un mélange appétant qui dure dans le temps.

- la souplesse d’exploitation-précocité

Les espèces sont regroupées en groupes de précocité, en fonction de leur date moyenne d’épiaison. La souplesse d’exploitation est une indication de l’intervalle, en jours, entre la date de démarrage en végétation et le début de l’épiaison.
Les fétuques, dactyles et bromes sont les espèces les plus précoces. A l’opposé, la fléole est l’espèce qui épie le plus tardivement.
Au sein même des espèces, le choix variétal offre une gamme de précocité étendue notamment parmi les ray grass. Pour du pâturage, on choisira des variétés tardives qui auront la plus grande souplesse d’exploitation. Les variétés précoces permettront d’atteindre rapidement des volumes importants pour une récolte en enrubannage ou en ensilage.

- l’agressivité

C’est la capacité d’une plante à concurrencer ses voisines, de par sa vitesse d’implantation et de croissance du feuillage. Les variétés de trèfle blanc sont classées suivant leur agressivité.
En pratique on ne tient compte de cet aspect que lorsqu’on réalise un mélange ou association (semis ou sursemis).
Viennent ensuite les caractéristiques agronomiques qui vont permettre d’affiner le choix en fonction du type de sol (humide, sain, séchant..), les particularités climatiques de la région (par exemple, doux l’hiver, chaud l’été), la pérennité, les résistances aux maladies (rouille, oïdium…). Et enfin le mode d’exploitation (pâturage, fauche ou mixte).

Particularité des mélanges

Les mélanges d’espèces et de variétés permettent d’augmenter la quantité et la qualité d’herbe annuelle avec des espèces qui s’expriment différemment dans le temps et dans l’espace en fonction des saisons.

Voici quelques notions à intégrer pour y parvenir :

- l’augmentation du nombre d’espèces diminue le risque d’échec à l’implantation en cas de conditions météorologiques défavorables ; mais sélectionner 6 à 8 espèces (ou variétés) au maximum

- en fonction de la durée et du mode d’exploitation, il sera difficile de maintenir la composition floristique du départ. Il faut adapter son choix en fonction de la durée d’implantation désirée et de la pérennité potentielle des espèces.

- la présence d’espèces à installation rapide, permet à la fois de pouvoir exploiter plus rapidement la parcelle, mais aussi de limiter le salissement au démarrage.

- au sein d’une même espèce, on pourra associer plusieurs variétés différentes complémentaires

- semer une dose totale de mélange généralement comprise entre 30 kg et 40 kg par hectare. La quantité de semences sera liée au poids de 1000 grains des espèces retenues.

- définir les quantités de chaque espèce en fonction de son caractère dominant ou accompagnateur et en fonction du peuplement souhaité. La difficulté pour constituer son mélange réside dans les différences de poids de 1000 grains des espèces : nous vous conseillons d’utiliser des outils en ligne, par exemple : le-calculateur.herbe-actifs.org.

• Attention à l'agressivité des trèfles blancs : elle doit être adaptée au mode d’exploitation ; par exemple, en affouragement en vert (fauche très régulière) un trèfle très agressif pourra étouffer un RGA peu couvrant.

• Fétuque élevée : associée au RGA avec minimum de 12-15 kg de fétuque pour un maximum de 6-8 kg de RGA. Pour le pâturage, Les variétés de fétuque doivent être tardives à feuilles flexibles pour plus d’appétence.

• La minette, la vesce et le lotier peuvent être associés mais disparaissent assez vite et augmentent le coût du mélange.