Le parasitisme en bâtiment

Publié le 18/07/2017 | Technique

  • Traiter moins et mieux

Après avoir fait le point sur les principaux parasites liés au pâturage, voici quelques éléments sur les maladies parasitaires qui se développent lorsque les animaux sont en bâtiment.

Endoparasites ou parasites internes

Coccidiose et cryptosporidiose font partie des infections parasitaires qui sont à l’origine de nombreuses diarrhées néonatales des veaux. Il n’est toutefois pas toujours évident de mettre un nom sur un type de diarrhée. Selon l’âge et les différents symptômes, il est possible d’émettre des hypothèses, mais un veau affaibli peut cumuler plusieurs maladies néonatales simultanément.

TABLEAU COCCIDIOSE

Prévention

Ces deux parasites sont présents dans tous les élevages, certains sont clairement touchés alors que d’autres ne sont que peu voire pas impactés. Cela résulte du fait que les maladies néonatales sont la conséquence de plusieurs conditions d’élevage qui créent un déséquilibre.

Le veau nait dépourvu de système de défense, le premier levier pour pallier ce manque passe par l’ingestion de colostrum en respectant la règle des 3Q :

• Quand : au plus vite suite à la naissance, 
• Quantité : 4 litres à la première buvée (surtout en élevage laitier), 
• Qualité : améliorée par l’alimentation de la mère le dernier mois de gestation.

Le confort du veau

N’hésitez pas une fois de temps à autre à vous placer au même niveau que votre veau et regardez autour de vous le comportement des autres, la luminosité, les toiles d’araignées, le plafond du bâtiment (couleur d’origine, noirci, humide ou sec…), sentez les odeurs (litière, surpopulation, ventilation…), les courants d’air, la surface suffisante, une litière sèche. Lien vers concevoir sa nurserie

Les changements alimentaires, de bâtiment, le sevrage, l’écornage sont des stress pour le veau qui est moins aguerri pour se défendre que l’adulte. Une transition alimentaire sur 3 semaines est recommandée. Il conviendra aussi d’éviter de cumuler les stress en même temps (prendre un temps d’au moins 15 jours entre chacun d’eux).

Hygiène au quotidien 

L’hygiène est primordiale pour limiter la pression parasitaire. Elle commence dès la naissance avec un box spécifique, propre et désinfecté après chaque vêlage.

Par la suite, le veau doit avoir accès à une litière sèche avec un paillage régulier. Les ustensiles de buvée sont à nettoyer après chaque repas. Enfin, les personnes (marchands, techniciens…), les véhicules, les animaux achetés sont autant de vecteurs possibles à éviter ou à limiter. Pour cela, un pédiluve est une solution simple et économique.

Vide sanitaire et désinfection des locaux, « Le combat cesse faute de combattants »

Les parasites sont tenaces et peuvent vivre plusieurs années sur les tubulaires, les murs, les sols… L’objectif est de contrôler la pression des agents pathogènes :

• par le nettoyage et la désinfection des locaux entre chaque veau en case individuelle
• par un vide sanitaire une fois par an 

Pour un bon vide sanitaire, il convient d’abord de nettoyer correctement le local. Effecté à l’eau chaude (100°C à la sortie de buse) il se suffit à lui-même. Une autre solution consiste à passer à la flamme le sol, les murs et tubulaires (attention au risque incendie !). Il est également possible d’employer un désinfectant ayant des propriétés fongicide, virucide, bactéricide et ookysticide.

La durée du vide sanitaire est liée au temps nécessaire au séchage complet. En le réalisant l’été, vous profitez de la chaleur estivale.

Pour lutter efficacement contre les parasites en bâtiment, l’hygiène est donc à prioriser. Elle répond également à des contraintes économiques, écologiques et sociétales : traiter moins et mieux est assurément la devise de lutte contre le parasitisme au sein des élevages. Pour lire notre article du parasitisme au pâturage, cliquez sur ce lien.