L’immunité antiparasitaire, une défense naturelle à créer et à préserver

Publié le 18/07/2017 | Technique

Source de baisses de production et de risques de mortalité, le parasitisme en élevage nécessite une lutte cohé-rente et permanente. Qu’ils soient internes (endoparasites) ou externes (ectoparasites), les parasites se distinguent par leur milieu de dévelop-pement : le pâturage ou le bâtiment.

Au pâturage, la grande douve, les strongles digestives ou pulmonaires ainsi que les paramphistomes sont les plus courants. Leur cycle de développement se décompose toujours en 3 étapes :

1- L’excrétion : les œufs sont présents dans les bouses des animaux contaminés.
2- La contamination : les larves contaminent l’herbe, souvent à une hauteur inférieure à 5 cm.
3- L’infestation : les larves ingérées migrent dans l’estomac, le foie ou les poumons de l’animal. Certaines s’enkystent et sont, par conséquent, moins sensibles aux traitements antiparasitaires.

Sans détailler l’ensemble des caractéristiques de ces parasites, voici quelques éléments à retenir pour mieux les combattre.

Les strongles digestives

La période de contamination est à son apogée en septembre, d’autant plus si le printemps et l’été ont été humides.
En 4 à 6 jours, les larves atteignent la caillette entrainant des diarrhées et un poil piqué. Pour améliorer la résistance du troupeau, il faut éviter de proposer uniquement des prairies de fauche aux jeunes animaux. On favorise ainsi le développement immunitaire.

Les strongles pulmonaires

Les larves sont peu présentes au début du printemps. Le déprimage par des animaux adultes, suivi du pâturage par les plus jeunes est une pratique à risque. Les premiers symptômes (toux) apparaissent dans les 80 jours qui suivent la mise à l’herbe. La mise en place de l’immunité est rapide.

La grande douve

La période à risque se situe l’été et l’automne dans les zones humides et piétinées.
L’infestation répétée a des répercussions sur la croissance, la reproduction, la qualité du colostrum…

Le paramphistome

Il touche le rumen. Son mode de développe-ment s’apparente beaucoup à celui de la grande douve. Par conséquent, les moyens de lutte sont similaires. 

L’immunité : premier moyen de lutte

Pour que ses défenses se mettent en place, l’animal doit être en contact avec le parasite. L’immunité est entretenue par des infestations régulières mais de faible intensité. Dans l’idéal, elle se développe dès le jeune âge de l’animal. Immunisé, celui-ci bloque le cycle de vie du parasite et devient donc moins excréteur. Autrement dit, il assainit la prairie.
Pour contrôler la présence des parasites dans les prairies, il convient d’agir sur ses pratiques : pâturage tournant, temps de repos (plus de 21 jours), absence de sur- pâturage, allotement selon l’âge, ou encore chargement adapté.

Avant de traiter : anticiper et constater

Un traitement systématique peut être bénéfique, mais également néfaste. Il est primordial de s’interroger pour remettre parfois en question certaines pratiques.

Chaque printemps, la mise à l’herbe est une étape importante pour l’ensemble du troupeau, mais surtout pour les jeunes qui sortent pour la première fois. Il est conseillé d’anticiper pour bâtir une stratégie de prévention et de lutte efficace. Dans des parcelles où la présence de parasites est probable, la date de mise à l’herbe se décide avant tout en prenant en compte les conditions climatiques, la portance des sols et la pousse de l’herbe. On laissera les parcelles les moins sensibles ou plus saines aux jeunes animaux.
Lorsque le choix d’appliquer un traitement anti-strongles parait nécessaire, il est recommandé d’alterner les matières actives afin d’éviter le développement de résistances. Pour la même raison, il est préférable de ne pas utiliser les produits autorisés sur vaches laitières en production pour traiter les génisses.

En cas de douve

Plusieurs diagnostics existent pour détecter l’infection. Si l’infection est avérée, le traitement sera fait après la rentrée des animaux. Pour sa pleine efficacité, il faut estimer au plus juste le poids des animaux et ainsi adapter la dose. Le cycle de développement du parasite nécessitant obligatoirement un passage par l’hôte, l’idéal est de ne pas avoir d’animaux porteurs de douve dans le troupeau.
Enfin, en cas de doute et si le traitement douvicide semble peu efficace, il peut s’agir de paramphistome. Dans ce cas, l’examen des matières fécales peut confirmer l’infestation.

D’une manière générale, les traitements préventifs ne sont efficaces qu’avec une conduite au pâturage bien menée. Pour des raisons économiques, écologiques et sociétales, traiter moins mais traiter mieux est assurément la devise de lutte contre le parasitisme au sein des élevages.

Lire le volet : « Gestion du parasitisme en bâtiment »