La Marge Brute lait pour trouver sa cohérence

Publié le 03/10/2017 | Nos Actions

De plus en plus d’éleveurs font appel au service Technico-économique d’Avenir Conseil Elevage pour calculer le Marge Brute de leur atelier lait. Sur la campagne laitière avril 2016 – mars 2017, 392 résultats ont été restitués dans un premier temps en groupe puis de manière individuelle. Voici les grandes tendances qui s’en dégagent.

177 € par 1 000 litres de MB

Pour la campagne clôturée au 31 mars 2016, avec une nouvelle baisse de 11€/1000l, la Marge Brute moyenne s’établit à 177€/1 000 L. C’est le résultat le plus faible depuis 2009.

A 343 €/1 000 L, les produits sont en baisse de 13 € (-2€ pour le produit viande, et -11€ pour la valorisation du lait) alors que les charges sont globalement restées stables (42 € de frais d’élevage et 126 € de coût alimentaire). L’explication de la baisse de la moyenne se situe donc au niveau des produits, cependant chaque résultat doit être analysé de manière individuelle. 
L’hétérogénéité toujours aussi présente

Avec un écart de MB de 81 €/1 000 L entre les quarts inférieur et supérieur, l’hétérogénéité des situations est toujours aussi présente. Elle représente, pour le volume moyen de 716 000 litres, environ 58 000 € sur une année !

Le poste « alimentation de l’atelier lait » explique une part importante de cet écart. Pour autant, il ne s’agit pas toujours de la véritable origine de l’écart. Il faut faire attention aux raccourcis et aux solutions trop évidentes.

Avec seulement 12 € d’écart entre le quart inférieur et supérieur, le produit viande de l’atelier lait (qui intègre la variation d’inventaire, les veaux laitiers, les génisses et les vaches laitières) est trop souvent mis au second plan. Or, c’est un bon indicateur de l’état de fonctionnement global du troupeau. En effet, un bon produit viande est synonyme d’une bonne gestion de la reproduction autorisant un renouvellement largement suffisant, et le maintien de la productivité du troupeau avec une bonne efficacité alimentaire et une bonne qualité du lait. 

Une bonne reproduction et une bonne gestion de la mortalité sont donc une base technique solide pour favoriser le résultat économique.

Cela étant dit, la quantité de concentrés distribuée par litre de lait vendu devrait être inférieure à 200 grammes. Pour cela la qualité des fourrages distribués est prépondérante en veillant au stade et au mode de récolte (ensilage, foin, enrubannage) et à la bonne conduite technique.

La cohérence du système

L’optimisation des surfaces fourragères, notamment celles en herbe, constitue dans bon nombre de cas une piste de travail sérieuse pour améliorer la cohérence du système d’exploitation.

Même si la MB/1 000 L est un critère pertinent, une exploitation est, très souvent, constituée d’autres ateliers : cultures, viande, etc…. Le revenu de l’éleveur provient de l’addition de l’ensemble des Marges Brutes de chaque atelier. L’amélioration de chacune passe par la « cohérence du système d’exploitation ». L’analyse des résultats en fonction de la SFP permet une première appréciation de cette cohérence. Bien évidemment, le critère « quantité de lait par ha » va dépendre du pourcentage d’herbe dans la SFP et du potentiel agronomique des surfaces. Néanmoins, dans des systèmes similaires, on observe des différences de près de 4 000 L/ha. Ce qui se traduit, pour un quota de 500 000 L, par une surface de 13 hectares supplémentaires utilisés pour l’atelier lait !

En améliorant la conduite fourragère, c’est donc tout le système d’exploitation qui peut être impacté positivement !

Une analyse chiffrée pour orienter la technique

L’intérêt de calculer la Marge Brute Lait est de pouvoir dégager précisément les pistes de travail (produits ou charges) afin d’améliorer les résultats. 
Dans le cas d’un produit viande qui n’atteint pas le niveau espéré voici quelques techniques à se poser :
• La valorisation des animaux vendus est-elle en cause ? 
• Quelle est le niveau de mortalité ? 
• IVV, prolificité… la reproduction est-elle bien gérée ?
• …

Toutes ces hypothèses méritent d’être vérifiées pour ensuite approfondir le sujet sous un angle plus technique.

Pour finir, même si le prix du lait détermine la tendance du niveau de marge brute moyen, d’une campagne à l’autre la disparité des résultats reste du même ordre. Il est donc impératif de connaitre et travailler à l’amélioration de ses chiffres quel que soit le contexte pour que dans tous les cas l’élevage garantisse un niveau d’EBE suffisant pour subvenir aux besoins : rembourser, investir, sécuriser et vivre !

Pour aller plus loin

La Marge Brute d'ACE.pdf