Savoir à quoi servent les hectares pour les valoriser !

Publié le 26/01/2018 | Technique

  • Calculer son besoin de Marge Brute

Inutile de revenir sur la complexité de l’environnement actuel des élevages laitiers ou allaitants. Entre conditions climatiques aléatoires, fluctuations des prix, mouvements citoyens et pression réglementaire, il y a de quoi être perdu sur les orientations à prendre…. Pour s’y retrouver, poser les différents éléments de réflexion et les analyser semble être une évidence ; mais combien prennent le temps de s’y pencher avec méthode ? Les Hivernales d’Avenir Conseil Elevage qui se déroulent jusqu’au 15 février peuvent vous permettre de vous interroger sur la cohérence de votre système et de trouver des idées pour nourrir votre cheminement sur ce sujet. Deux questions pour commencer :

Pourquoi je travaille ?

Outre le « bonheur » de se lever tous les matins pour ses vaches, le but généralement recherché au travers d’une activité est d’en retirer le maximum de revenu. Cela signifie générer le meilleur Excédent Brut d’Exploitation afin de vivre et de faire vivre sa famille, de rembourser les annuités d’emprunts et si possible de se fabriquer une marge de sécurité pour les années moins bonnes. Cet EBE peut être évalué, et donc connu à l’avance, au même titre que les charges de structure (bâtiment, mécanisation, charges salariales, fermage, frais divers de gestion).

Avec les hectares que j’ai chez moi, qu’est-ce que je veux faire ?

Pour financer EBE et charges de structures, il faut des produits composés de quelques aides, prévisibles mais en décroissance constante, et de la Marge Globale de l’Exploitation qui est le reflet du travail quotidien de chaque éleveur. Celle-ci est équivalente à la somme des Marges des différents ateliers dont le dénominateur commun est d’être en lien avec un nombre d’hectares.

Les hectares dénominateurs communs des différents ateliers

La première démarche pour travailler sur la Marge Globale est de choisir avec quelles productions les hectares vont être valorisés, en fonction des critères spécifiques à chaque exploitation : existant, potentiel et  proximité du foncier, rentabilité des ateliers, besoin en mécanisation,…., et surtout goût du ou des exploitants. Sans envie, on ne fait rien !

Puis vient le temps de déterminer comment faire pour « tirer » la meilleure MB/ha à partir de ce que l’on a choisi. La priorité est d’être cohérent dans le système retenu. En effet, si au bout du compte on constate un écart de Marge Globale limité entre le choix d’un système maïs ou d’un système herbe (environ 6000 €), dans chacun des 2 systèmes l’écart est bien plus conséquent entre le ¼ supérieur et le ¼ inférieur (50 000 €).

Comment optimiser la MB/ha de SFPc ?

La MB/ha recouvre à la fois une notion d’efficacité (MB/1000 litres de lait pour les laitiers ou MB/kg de poids vif pour les allaitants), et d’intensification (lait/ha). Pour maintenir, l’équilibre, il est nécessaire de jouer sur ces 2 curseurs. Les éleveurs moins intensifs devront avoir une efficacité plus importante pour dégager la même MB/ha que les éleveurs plus intensifs. Certains combinent  les 2 et dégagent alors une MB/ha conséquente. Le pilotage doit alors être rigoureux afin d’éviter les « débordements » (ai-je assez de surfaces disponibles ? la main-d’œuvre va-t-elle suivre ?).

- Comment faire davantage de lait par ha ?
Pour cela, il est nécessaire d’avoir davantage d’UGB par ha, des animaux qui donnent du lait (proportion de VL/UGB) et enfin des vaches productives (Lait/VL). Ces critères invitent à se pencher sur la qualité des fourrages apportés, que ce soit de l’herbe ou du maïs, sur la proportion de génisses dans le troupeau et enfin sur ce qui permet de faire produire du lait aux vaches. La notion de ration de base est là essentielle, sans oublier la génétique, le bâtiment et bien entendu la santé de l’éleveur ET de l’animal !

- Comment produire efficacement ? 

La MB /1000 litres de lait est l’indicateur de l’efficacité. Les chiffres moyens de la dernière campagne MB d’Avenir Conseil Elevage (du 1er avril 2016 au 31 mars 2017) invitent à se pencher particulièrement sur 2 postes : le produit viande, qui bien que mineur est le reflet des incohérences de conduite et les concentrés qui à eux seuls représentent plus du ¼ de l’écart entre le ¼ supérieur et le ¼ inférieur.

Le plus délicat reste certainement de définir au départ combien d’hectares seront bloqués pour l’atelier lait (ou viande), sachant qu’il n’est pas possible d’avoir des ruptures de stock fourrager en élevage !

Une chance à souligner néanmoins : nous sommes dans une région où il est possible de produire de la MS/ha. Ce n’est pas le cas partout en France, alors… saisissons cette opportunité !

Toutes les informations sur les Hivernales sont disponibles ici.