Ensilage de maïs : Shredlage VS conventionnel

Publié le 21/08/2018 | Technique

Initiées par le constructeur Claass sous le nom de « Shredlage », les techniques visant à obtenir des ensilages de maïs avec des brins longs et des grains éclatés se déploient rapidement. Avec ces procédés, les constructeurs avancent des résultats techniques ambitieux : davantage de lait par vache, une meilleure rumination et la possibilité de faire des rations « maïs plat unique » sans fibres ajoutées. Qu’en est-il réellement ?

Dans le rumen les longues particules (plus de 10-20 mm) ont un pouvoir tampon tout comme la proportion de fibres des fourrages. A l’inverse, la quantité de Matière Sèche (MS) ingérée, les concentrés, l’amidon digestible ruminal et les fines particules ont un pouvoir acidogène. Le Shredlage, avec des brins plus longs, offre donc davantage de pouvoir tampon. Mais c’est aussi davantage d’amidon digestible dans le rumen augmentant le pouvoir acidogène passé une certaine limite (au-delà de 20%).

Le simple fait d’augmenter la taille de coupe ne constitue pas à lui seul une recette miracle. En aucun cas il ne corrigera des erreurs de rationnement. Certains avancent même l’apparition d’un phénomène de tri à l’auge.

Ce procédé améliore-t-il la production laitière ?

Au niveau de l’animal, l’amidon est source de production de glucose, qui sera lui-même métabolisé en lactose. Une partie de l’amidon est dégradée dans le rumen (amidon ruminal), le reste dans l’intestin (amidon by-pass). Le fait de broyer plus finement le grain augmente la part d’amidon ruminal, d’autant plus si le maïs est récolté au-delà de 35% de MS. La valorisation est ainsi meilleure. En effet, plus la quantité d’amidon by-pass est élevée, plus la digestibilité dans l’intestin diminue (gaspillage : amidon que l’on retrouve dans les bouses.). Ceci est surtout vrai pour des maïs riches en amidon et récoltés tardivement.

Par ailleurs, pour des rations où la proportion d’herbe est relativement importante, le problème du gaspillage sera beaucoup moins présent.

L’éclatement des grains n’est pas le seul paramètre dans la digestion ruminale de l’amidon

Le stade de récolte faisant varier les proportions d’amidon (laiteux, pâteux et vitreux) et le choix variétal ont également des impacts. Pour finir, la dégradabilité évolue au cours des mois passés en silo, augmentant avec le temps, ceci d’autant plus que le maïs a été récolté sec.

Des performances très proches

Pour tenter d’évaluer l’impact d’un ensilage Shredlage face à un ensilage conventionnel, plusieurs essais ont été menés aux Etats Unis et en Allemagne. ARVALIS les a synthétisés dans le tableau ci-dessous.

Tableau Arvalis

Ce nouveau procédé de récolte a le mérite de remettre en avant les paramètres de récolte pour valoriser au mieux le fourrage. Ce sont, au final, ces réglages et le débit de chantier qui font la qualité d’un maïs ensilé au bon stade, cela quel que soit le matériel utilisé. Le Shredlage ou toute autre technique apparentée permettra d’améliorer la digestibilité des maïs très secs distribués rapidement après récolte. Dans tous les cas, attention au surcoût qui devra absolument être mis en relation avec une réelle amélioration des performances animales (études en cours). Si elle apporte un intérêt pour les éleveurs : alors elle va s’imposer naturellement avec le temps.

Pour en savoir plus, rendez-vous le 7 septembre à Belloy Saint Léonard

Réunion maïs le plein d’énergie