10 310 kg par vache, 5 mois à 42,9-34,9 et un pic à 43,7-36,1 !

Publié le 12/10/2018 | Technique

Plusieurs éleveurs relèvent le défi de produire un lait riche et visent même 47 de TB et 37 de TP. Pour y parvenir chacun met en place des actions particulières : stade de récolte du maïs, culture de l’herbe, incorporation de betteraves fourragères, confort, stimulation de l’ingestion, connaissance des fourrages pour ajuster la complémentation, conservation des fourrages…

Stéphanie et Sébastien Balloy se sont également lancés dans le challenge. Voici leur témoignage

Les taux (TB-TP) sont devenus les critères les plus importants ; ils sont rémunérateurs et révélateurs de la bonne santé métabolique du troupeau. Quand les taux sont bons, le troupeau va bien et par conséquent c’est moins de cellules, une meilleure reproduction et une meilleure rémunération !

L’élément déclencheur a été notre participation au groupe d’échange entre éleveurs animé par Avenir Conseil Elevage. Cela nous a permis de bien comprendre les mécanismes d’amélioration des taux tout en bénéficiant des expériences partagées. Parallèlement, avec le conseiller Avenir Conseil Elevage qui nous accompagne, nous avons tenté des modifications dans la ration et très vite, pour ne pas dire dans la semaine, nous avons vu l’évolution des résultats. 

Qu’avez-vous mis en œuvre pour améliorer les taux et tenter d’obtenir un lait à 47-37 ?

Une des évolutions a été de modifier notre manière de cultiver et de récolter l’herbe. Avant nous récoltions quand il y avait 20% des tiges épiées, maintenant dès que nous voyons un épi on est presque à se dire que c’est « foutu » ! Nous récoltons plus tôt : au stade 2 nœuds et nous optimisons le temps de séchage : 2 à 3 jours maximum pour préserver la valeur alimentaire.

Nous mettons tout en œuvre pour ne récolter que de la très haute qualité ; que ce soit un ray grass dérobé ou une prairie ressemée. Pour y arriver il faut suivre la météo quotidiennement au printemps pour ne pas rater les bonnes fenêtres climatiques. 

La récolte est primordiale, mais nous apportons aussi un soin extrême à la conservation de tous les fourrages jusqu’à l’auge. Nous avons un godet trancheur pour les pulpes et l’ensilage d’herbe. Nous sommes très vigilants au tassage du maïs et des pulpes. La récolte du maïs se fait en deux jours pour ne pas pénaliser la confection des silos.

La ration est diversifiée ; elle repose sur 3 piliers : ensilage de maïs, pulpes et enrubannage de graminées. Nous ne modifions jamais les trois en même temps ; les transitions se passent mieux. Nous nous limitons à 4 kg de MS d’herbe. C’est un bon compromis entre rendement de la culture de l’herbe par rapport au maïs et aussi au supplément de temps de travail.

A chaque livraison de lait, nous vérifions quelques critères (TB/TP, urée) et si les voyants ne sont pas au vert alors nous ajustons en faisant varier les proportions des 3 aliments de base et le correcteur azoté.

Nous avons également revu la préparation au vêlage. Il y a une ration spécifique et adaptée « préparation au vêlage ». Trois semaines avant le terme, les vaches sont au maïs (presque à volonté) avec 2 kg de correcteur azoté et minéral pour vaches taries. Depuis, nous avons progressé en lait et en TP pour les moins de 100 jours et sans problème d’acétone !

Quels sont vos repères pour piloter les taux ?

Nous sommes très friands de chiffres, d’analyses, de critères de comparaison. Nous regardons de près : 
• Les TP des moins de 100 jours (supérieur à 29, un idéal à 30)
• Les analyses acétone
• Le rapport TB/TP de chaque tank qui doit être compris entre 1,20 et 1,30)
• Le taux d’urée (optimum 220)
• L’observation des bouses (idéal : bouses compactes)
• La comparaison aux autres

Et pour l’avenir, comment aller vous tenter de progresser ?

Nous avons volontairement ensilé un maïs plus sec, nous avons visé 35 à 37 % de MS. Nous allons essayer de distribuer des betteraves fourragères, nous prévoyons 1,5 kg de MS par jour pour cet hiver. Et puis nous nous posons la question de l’intérêt d’un conservateur dans l’ensilage d’herbe. Bref on ne compte pas en rester là !

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