9 500 kg par vache, 7 mois à 45,1-35,1 et un pic à 47,2-37 en diversifiant la ration

Publié le 16/10/2018 | Technique

  • Jean-Michel Maerten

Plusieurs éleveurs relèvent le défi de produire un lait riche et visent même 47 de TB et 37 de TP. Pour y parvenir chacun met en place des actions particulières : stade de récolte du maïs, culture de l’herbe, incorporation de betteraves fourragères, confort, stimulation de l’ingestion, connaissance des fourrages pour ajuster la complémentation, conservation des fourrages…

Jean-Michel Maerten est le premier éleveur des Flandres à atteindre les 47-37 ! voici son témoignage.

Qu’avez-vous mis en œuvre pour améliorer les taux et tenter d’obtenir un lait à 47-37 ?

Depuis plusieurs années, je distribuais une ration à base de « maïs plat unique », les résultats stagnaient et les vaches étaient régulièrement en sub-acidose voire en acidose… C’est compliqué de raisonner et de combiner tous les critères : l’encombrement, la digestibilité, l’énergie… avec un seul aliment !

En 2014, j’ai commencé à implanter du RGI en culture dérobée. Mais je n’ai pas été convaincu sur les résultat en lait et en taux, le problème c’est que à l’époque je l’ai récoltait début épiaison ! 

En 2015, j’ai commencé à participer aux groupes d’éleveurs avec Avenir Conseil Elevage. J’ai changé le stade de récolte du RGI ; désormais je vise le stade 2 nœuds ! Il y a eu un léger mieux sur le transit des vaches, une économie sur les correcteurs azotés mais pas encore une hausse notable des taux !

En 2016, je faisais ce constat : mes vaches valorisent mal le maïs et l’excès d’amidon ne leur permet pas d’exprimer davantage leur potentiel TB. C’est alors que nous décidons de faire un essai avec l’incorporation de betteraves fourragères, pour cela j’en achète 65 tonnes ! L’association des 3 aliments (maïs-RGI-betterave) montre l’intérêt de ne pas tout miser sur le maïs ensilage : j’ai gagné 2 points de TB et 1 point de TP ! L’année suivante, j’ai implanté 2 ha de betteraves fourragères.

Par la suite, en réunion de groupe et avec le conseiller, les échanges tournaient beaucoup autour de l’équilibre cellulose/amidon. Pour augmenter la part cellulose et compléter le stock de RGI, je récolte la 1ère pousse de printemps de mes 6 ha de prairies.

Actuellement, les vaches ont une ration avec 15 à 20 kg de betteraves, environ 10 kg de préfané et 30 à 35 kg de maïs ensilage à 34% de MS.

Quels sont vos repères pour piloter la ration ?

Tous les 3 jours, je suis attentif aux résultats laiterie, je m’en sert en effectuant le rapport de taux TB/TP. Si le résultat n’est pas dans la fourchette 1,2 à 1,3, j’ajuste un des trois aliments.

Je regarde également le taux d’urée pour ajuster la correction azotée. Mon objectif est que celui-ci reste entre 220 et 290… et jamais au-delà de 300 !

Un esprit d’équipe !

J’échange beaucoup avec les conseillers d’Avenir Conseil Elevage sur les pratiques extérieures et les miennes, sur les contraintes d’exploitation et, ensemble, nous trouvons la ou les solutions adaptées. Cet esprit d’équipe est également très présent dans les réunions de groupe où nous partageons nos difficultés et nos réussites.

Avec mon conseiller, nous travaillons sur la concentration énergétique de la ration, nous réajustons les fourrages et les concentrés. L’efficacité de la ration des vaches en préparation est également mesurée par différents critères comme le TP des fraîches vêlées et l’acétonémie.

En 2019, je prévois d’incorporer des pulpes surpressées quand le stock de betteraves fourragères sera terminé !

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