Robot de traite - Qu’est-ce qu’une bonne fréquentation ?

Publié le 10/12/2018 | Technique

Voilà une bonne question de sociologie, mais aussi de technique laitière en élevage robotisé ! En effet, la fréquentation du robot de traite, autrement dit, le nombre de traites par vache et par jour, est un sujet récurrent aussi bien pour les éleveurs déjà équipés que pour ceux qui le projettent.

Pour amorcer une réponse, il faut avoir en tête quelques éléments fondamentaux. Même si un robot de traite n’est pas matériellement si différent d’une salle de traite, il présente un changement fondamental puisque c’est la vache qui décide d’aller à la traite et non plus l’éleveur. Mais alors, combien de fois une vache va-t-elle venir au robot ? A partir de quand, doit-on lui en refuser l’accès ?

Ce passage d’une traite « obligatoire » à une traite « volontaire » va donc nécessiter une gestion de la fréquentation par l’éleveur. 

Il faut être clair, il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages. Cependant, quelques règles doivent être respectées.

Un même niveau de fréquentation peut cacher des différences importantes entre deux élevages. Comme pour toutes moyennes, l’écart-type est important à prendre également en compte. Une fréquentation moyenne de 2,5 traites par vache et par jour peut, par exemple, résulter d’une situation où toutes les vaches sont traites 2,5 fois par jour mais aussi 50% à 2 traites et 50% à 3 traites. La fréquentation moyenne du troupeau n’est pas un critère interprétable.

Pour analyser la fréquentation d’un troupeau, une méthode simple consiste à observer toutes les traites pendant une semaine pour classer les vaches en 3 catégories :

• Sur-fréquentation : traite à moins de 10 kg de lait (8 kg pour les primipares) ou à moins de 6 heures d’intervalles

• Optimum de traite

• Sous-fréquentation : traite à plus de 20 kg de lait (16 kg pour les primipares) ou à plus de 16 heures d’intervalles

Exemple de synthèse de fréquentation

Analyser la fréquentation : ni trop, ni trop peu de passages

Au sein de la catégorie « sur-fréquentation », il y a donc les vaches qui sont traites pour une quantité de lait trop faible et celles dont l’intervalle entre deux traites est trop faible. Les premières nuisent à la capacité du robot, elles peuvent entraîner une augmentation du taux d’échec (traites incomplètes) et du coût de fonctionnement du robot (eau, électricité, produit de lavage). Pour les secondes, les intervalles inférieurs à 6 heures altèrent l’intégrité de la mamelle (notamment du sphincter).

La sur-fréquentation est uniquement liée au paramétrage de l’automate. Dans cette situation, l’éleveur peut modifier l’accès au robot : à partir de quand est-il judicieux d’accepter ou de refuser une vache à la traite ?

Attention, en paramétrant un intervalle trop court entre deux traites, l’éleveur peut aussi être à l’origine de vaches en sous-fréquentation puisque des animaux occupent inutilement le robot et empêchent les autres d’y accéder.

Pour la catégorie « sous-fréquentation », une quantité trop élevée de lait à la traite entraîne des risques de perte de lait dans le logement (logettes, aire paillée). Cela peut être à l’origine d’infections mammaires (mammites, cellules). 
Un intervalle de traite trop important (plus de 16 heures) provoque une diminution des performances des vaches. L’augmentation de la pression mammaire qui en résulte génère un phénomène de tarissement prématuré.

Les causes des traites en sous fréquentation sont aussi diverses que complexes. Elles nécessitent une expertise approfondie. Voici une liste non exhaustive  des causes, sans ordre d’importance :

L’implantation du robot dans le bâtiment et organisation des différents circuits
La gestion des concentrés entre l’auge et le robot
La santé générale du troupeau et notamment des pattes
La saturation du/des robots de traite
Des interventions éleveur excessives
Une gestion du pâturage inadaptée
….

La bonne fréquentation du troupeau doit être analysée régulièrement en catégorisant chaque animal. Le nouvel outil Valo’Robot d’Avenir Conseil Elevage simplifie ce travail en proposant un tableau de bord complet. Dans tous les cas, il ne faut pas s’arrêter à un seul chiffre pour juger une situation. 

Guillaume Crépel

Spécialiste Robots